Amida Digitrend Black : cette montre « digitale » cache en réalité un mouvement mécanique
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Regardez rapidement cette Amida Digitrend Black et dites-nous ce que vous voyez. Une montre digitale des années 1970 ? Un petit écran orange caché derrière une vitre ? C’est probablement la première impression que l’on peut avoir.
Et pourtant, il n’y a aucun écran là-dedans.
La Digitrend est une montre mécanique automatique. Les quatre chiffres que vous voyez apparaître à l’avant du boîtier sont produits grâce à des disques mécaniques et à un système de réflexion assez ingénieux.
Le plus étonnant, c’est que cette idée n’est même pas récente. Pour comprendre d’où vient cette drôle de montre, il faut retourner en 1976, à une époque où l’industrie horlogère commençait justement à regarder très sérieusement du côté de l’électronique.
En 1976, Amida imagine une montre mécanique qui ressemble à une montre électronique
Nous sommes en mars 1976, à la foire de Bâle.
Les montres à quartz se développent, les affichages électroniques commencent à fasciner et l’industrie horlogère suisse s’apprête à vivre quelques années particulièrement compliquées.
C’est dans ce contexte qu’Amida présente la Digitrend.
Son idée est assez amusante avec le recul : donner à une montre mécanique l’apparence d’une montre digitale.
Et visuellement, le résultat tranche franchement avec ce que l’on attend habituellement d’une montre.
Pas de cadran traditionnel devant vous. Pas d’aiguilles non plus. L’heure apparaît sous la forme de quatre chiffres placés dans une petite ouverture située sur la tranche du boîtier.
On pourrait presque imaginer un ancien radio-réveil miniature attaché au poignet.
Mais si aucun écran n’est utilisé, comment ces chiffres peuvent-ils apparaître face au porteur ?
C’est là que les ingénieurs d’Amida ont eu une idée plutôt maligne.

Toute l’astuce se trouve derrière ces quatre chiffres orange
À l’intérieur de la Digitrend se trouvent des disques mécaniques chargés d’indiquer les heures et les minutes.
Ces disques sont disposés horizontalement dans le boîtier. Autrement dit, l’affichage n’est naturellement pas orienté vers vos yeux lorsque vous regardez la montre.
Amida utilise donc un système baptisé LRD, pour Light Reflecting Display.
Le principe est finalement assez simple à comprendre : un prisme récupère l’image des disques et la réfléchit à 90 degrés pour la faire apparaître dans l’ouverture située à l’avant de la montre.
Sur cette Digitrend moderne, Amida utilise un prisme en saphir de qualité optique qui permet également d’agrandir les chiffres.
Vous regardez donc bien des chiffres produits mécaniquement, mais pas directement. Vous observez leur image à travers ce système optique.
Une sorte de tour de passe-passe horloger qui explique pourquoi la Digitrend peut donner l’impression d’utiliser un écran.
Et Amida n’a pas inventé ce principe pour cette réédition : la marque avait déjà breveté son système LRD en 1973, avant de présenter la Digitrend quelques années plus tard.

Pourquoi afficher l’heure sur le côté d’une montre ?
Évidemment, tout cela donne une silhouette assez étrange.
Mais placer l’affichage à cet endroit avait aussi un intérêt pratique. La Digitrend appartient à une catégorie assez particulière de montres que l’on appelle parfois les « driver’s watches », les montres de conducteur.
Imaginez vos mains posées sur un volant.
Avec une montre traditionnelle, vous devez généralement tourner légèrement le poignet pour mettre le cadran face à vous. Avec la Digitrend, l’affichage se retrouve naturellement davantage orienté vers votre regard.
Un petit coup d’œil permet donc théoriquement de connaître l’heure sans modifier complètement la position de sa main.
Cela permet surtout de comprendre pourquoi la Digitrend possède une forme aussi inhabituelle. Le boîtier n’a pas simplement été dessiné de cette manière pour attirer l’attention : sa silhouette découle directement de la façon dont Amida voulait afficher l’heure.
Même si, soyons clairs, en 2026, c’est probablement davantage pour son look qu’on achètera une Digitrend que pour gagner quelques dixièmes de seconde en regardant l’heure au volant.
Pas de batterie : la Digitrend est bien une montre automatique
C’est probablement ce qui rend cette montre aussi intrigante.
Tout son design suggère l’électronique, alors que son fonctionnement repose sur de la mécanique.
À l’intérieur de la Digitrend Black, Amida utilise un Soprod Newton P092, un mouvement mécanique suisse à remontage automatique.
Il fonctionne à une fréquence de 4 Hz, soit 28 800 alternances par heure, et offre environ 44 heures de réserve de marche.
Mais utiliser un mouvement automatique classique ne suffit évidemment pas pour obtenir cet affichage.
Amida lui ajoute donc son propre module permettant de gérer les disques. Selon la marque, celui-ci ne comporte que neuf composants mécaniques et six vis.
Le système associe des heures sautantes à des minutes traînantes.
Les minutes progressent au fil du temps tandis que l’indication des heures change lorsque l’on passe à l’heure suivante.
Le résultat ressemble donc visuellement à une montre digitale, mais toute la mécanique continue de fonctionner derrière.
Et c’est précisément ce décalage qui fait une bonne partie du charme de la Digitrend.

Cette version Black lui va particulièrement bien
Il existe plusieurs interprétations modernes de la Digitrend, mais cette version noire pousse particulièrement bien son côté rétrofuturiste.
Son boîtier est fabriqué en acier inoxydable 316L puis recouvert d’un traitement DLC noir. Amida alterne les surfaces satinées et polies afin d’apporter un peu de contraste à l’ensemble.
Et puis il y a évidemment ces chiffres orange.
Noir et orange, affichage horizontal, silhouette massive… difficile de ne pas penser aux tableaux de bord et aux instruments automobiles des années 1970 et 1980.
Même le bracelet en Alcantara anthracite, avec sa doublure en cuir de veau orange, poursuit cette inspiration automobile. Un bracelet métallique est également proposé.
De notre côté, c’est probablement cette combinaison noire et orange qui nous paraît la plus cohérente avec le concept de la Digitrend. Quitte à porter une montre aussi inhabituelle, autant ne pas essayer de la rendre trop sage.

15,6 mm d’épaisseur : il faudra la voir au poignet
Les dimensions méritent qu’on s’y arrête.
La Digitrend Black mesure 39,6 mm de large pour 39 mm de long, mais surtout 15,6 mm d’épaisseur.
Sur une fiche technique, 15,6 mm commence à faire beaucoup.
La construction de la Digitrend est évidemment particulière puisque le boîtier doit accueillir le mouvement, les disques et son système optique. Sa forme ne permet pas non plus de la comparer directement avec une montre ronde traditionnelle de même épaisseur.
Sans l’avoir encore passée au poignet, difficile toutefois de juger réellement de son encombrement. Nous essaierons justement d’aller voir cette Digitrend et, si possible, de l’essayer lors d’un prochain salon horloger. Ce sera l’occasion de vérifier si ses 15,6 mm se font réellement sentir une fois portée.
En attendant, une chose semble assez évidente : la Digitrend n’a pas vraiment été conçue pour passer inaperçue.
Elle pèse 110 grammes et son étanchéité atteint 5 ATM, soit 50 mètres.
Suffisant pour un usage quotidien classique, même si à ce niveau de prix, certains pourront légitimement attendre davantage.
Amida Digitrend Black : la fiche technique
| Caractéristique | Amida Digitrend Black |
|---|---|
| Mouvement | Soprod Newton P092 |
| Type | Mécanique à remontage automatique |
| Affichage | Heures sautantes et minutes traînantes |
| Module | Module Amida, 9 composants et 6 vis |
| Fréquence | 28 800 alt/h (4 Hz) |
| Réserve de marche | Environ 44 heures |
| Rubis | 23 |
| Boîtier | Acier inoxydable 316L, traitement DLC noir |
| Dimensions | 39,6 × 39 mm |
| Épaisseur | 15,6 mm |
| Poids | 110 g |
| Système d’affichage | LRD avec double disque |
| Prisme | Saphir de qualité optique |
| Étanchéité | 5 ATM / 50 mètres |
| Bracelet | Métal ou Alcantara anthracite |
| Prix | Environ 3 800 € HT* |
*Prix converti à partir du tarif officiel de 3 600 CHF HT communiqué par Amida. Le montant en euros peut évoluer selon le taux de change et les taxes applicables.

Près de 4 000 € pour une Amida : est-ce vraiment justifié ?
Voilà probablement le point qui fera le plus discuter.
Amida affiche la Digitrend Black à 3 600 CHF hors taxes, ce qui représente environ 3 800 € HT après conversion au moment où nous écrivons ces lignes.
Nous ne sommes donc clairement pas face à une petite montre mécanique originale proposée à quelques centaines d’euros.
À ce tarif, les possibilités deviennent nombreuses et la fiche technique de la Digitrend ne suffit pas, à elle seule, à expliquer son positionnement.
44 heures de réserve de marche ? C’est correct, sans être exceptionnel.
50 mètres d’étanchéité ? Là encore, rien d’impressionnant.
Un Soprod Newton ? C’est un mouvement suisse sérieux, mais ce n’est probablement pas son nom qui fera sortir près de 4 000 € à un collectionneur.
Acheter une Digitrend uniquement en comparant les caractéristiques techniques n’aurait donc pas beaucoup de sens.
Ce qui fait la différence se trouve dans son architecture, son module d’affichage, son prisme en saphir et surtout dans l’histoire du modèle.
Vous achetez une montre qui ne ressemble pratiquement à aucune autre et dont le concept remonte à près de cinquante ans.
Est-ce suffisant pour mettre près de 4 000 € sur la table ?
À vous de voir.
À ce niveau de prix, on comprend parfaitement que certains passent leur chemin. Mais on comprend aussi pourquoi un collectionneur possédant déjà plusieurs montres beaucoup plus conventionnelles pourrait avoir envie d’ajouter quelque chose d’aussi étrange à sa boîte.
Et finalement, c’est peut-être son côté bizarre qu’on préfère
On voit passer énormément de nouvelles montres. Certaines sont très belles, très bien finies, équipées d’excellents mouvements… mais il faut parfois quelques secondes pour savoir quelle marque on regarde.
Avec la Digitrend, le problème ne se pose pas vraiment.
Montrez-la à quelqu’un une fois et il y a de fortes chances qu’il s’en souvienne.
Elle est étrange, épaisse, probablement assez clivante et loin d’être accessible à toutes les bourses.
Mais près de cinquante ans après l’apparition de la première Digitrend, son principe fonctionne toujours : vous pouvez la montrer à quelqu’un qui ne connaît pas particulièrement l’horlogerie et lui demander ce qui se cache derrière les chiffres orange.
Il y a de fortes chances qu’il vous réponde : un écran.
Et vous pourrez alors lui expliquer que non.
Il n’y a même pas de batterie.
