Urwerk UR-100 SpaceTime : la montre qui vous rappelle que vous voyagez dans l’espace
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Vous pouvez être assis dans votre canapé, parfaitement immobile, et pourtant parcourir des milliers de kilomètres.
Ce n’est pas une formule : pendant que la Terre tourne sur elle-même, elle poursuit aussi sa course autour du Soleil. Et chez Urwerk, quelqu’un a visiblement trouvé que cette information méritait d’être affichée… sur une montre mécanique.
C’est exactement ce que propose l’Urwerk UR-100 SpaceTime.
Dévoilée en 2019, cette montre ne se contente pas d’indiquer les heures et les minutes. Elle affiche également deux distances assez inhabituelles : celle parcourue en raison de la rotation de la Terre et celle parcourue par notre planète autour du Soleil.
Pas vraiment le genre d’information que l’on retrouve habituellement sur son poignet.
Et c’est justement pour ça qu’on avait envie de s’intéresser à cette UR-100.

Déjà, comment lit-on l’heure sur une Urwerk UR-100 ?
Si vous découvrez Urwerk avec cette montre, il faut commencer par oublier le cadran traditionnel.
Pas d’aiguilles centrales qui tournent tranquillement autour d’un cadran. L’UR-100 utilise le système d’heures satellites caractéristique de la maison.
Trois satellites portant chacun les chiffres des heures tournent autour du mécanisme. À chacun est associé un pointeur qui vient parcourir une échelle graduée de 0 à 60 pour indiquer les minutes.
Prenons un exemple.
Si le satellite affichant le chiffre 8 se trouve face à la graduation 30, vous lisez 8 h 30.
Une fois les 60 minutes écoulées, le satellite poursuit son chemin tandis que le suivant vient prendre sa place pour afficher l’heure suivante.
Il faut probablement quelques secondes pour comprendre ce qui se passe la première fois que l’on découvre la montre. Mais une fois le principe assimilé, la lecture devient finalement assez logique.
Et normalement, l’histoire pourrait s’arrêter ici.
Sauf que le pointeur qui vient de terminer son travail pour les minutes continue sa route.
Après les minutes, l’UR-100 commence à mesurer des kilomètres
C’est probablement la partie la plus étonnante de cette montre.
Après avoir parcouru l’échelle des 60 minutes, le pointeur disparaît avant de réapparaître devant une autre graduation.
À 10 heures, cette nouvelle échelle représente la distance parcourue à la surface de la Terre en raison de sa rotation.
Urwerk prend comme référence un point situé à l’équateur : en vingt minutes, celui-ci parcourt environ 555 kilomètres.
Puis le pointeur poursuit son voyage.
À 2 heures, une deuxième indication représente cette fois la distance parcourue par la Terre autour du Soleil.
Toujours sur une période de vingt minutes : environ 35 740 kilomètres.
Autrement dit, pendant que votre montre vous indique simplement que vingt minutes viennent de s’écouler, l’UR-100 vous rappelle que notre planète a continué à se déplacer à une vitesse difficile à se représenter à notre échelle.
C’est une information plus poétique que véritablement pratique, évidemment.
Mais c’est aussi ce qui rend cette complication aussi particulière.
Une autre façon de matérialiser le temps
C’est probablement de cette manière qu’il faut regarder l’UR-100.
Urwerk ne cherche pas à remplacer les fonctions traditionnelles d’une montre. La marque utilise plutôt la mécanique pour représenter quelque chose auquel nous ne pensons pratiquement jamais.
Lorsque vous regardez une montre classique vingt minutes plus tard, vous constatez simplement que vingt minutes se sont écoulées.
L’UR-100 ajoute une autre lecture : pendant ces mêmes vingt minutes, vous avez aussi changé de position dans l’espace.
Et ce qui est intéressant, c’est que cette idée très futuriste trouve en partie ses origines dans une pendule vieille de plus d’un siècle.
L’idée de l’UR-100 remonte en partie au XIXe siècle
Felix Baumgartner, cofondateur et maître horloger d’Urwerk, possède une ancienne pendule offerte par son père, Geri Baumgartner.
Selon Urwerk, celle-ci aurait été réalisée par l’horloger français Gustave Sandoz pour l’Exposition universelle de Chicago de 1893.
Sa particularité ?
Au lieu d’indiquer uniquement l’heure de manière conventionnelle, elle permettait de représenter la distance parcourue par un point situé à l’équateur en raison de la rotation de la Terre.
Plus d’un siècle plus tard, cette idée se retrouve donc au poignet dans une montre qui semble pourtant venir du futur.
C’est aussi assez représentatif de ce que fait Urwerk : utiliser des principes horlogers parfois anciens pour imaginer une manière très différente de lire ou de représenter le temps.

Un design qui rappelle les premières créations d’Urwerk
L’UR-100 SpaceTime est présentée en septembre 2019, mais son design possède lui aussi des racines plus anciennes.
Martin Frei, cofondateur et designer d’Urwerk, explique lors de son lancement avoir notamment repris des éléments des UR-101 et UR-102, deux créations qui remontent aux débuts de la marque à la fin des années 1990.
L’UR-100 constitue donc à la fois un retour aux origines et une évolution beaucoup plus moderne du concept.
Le résultat est immédiatement reconnaissable.
Le boîtier semble entourer le mécanisme tandis qu’une grande surface en saphir permet d’observer le déplacement des satellites.
Et contrairement à certaines montres dont il faut chercher le détail particulier, ici, quelques secondes suffisent pour comprendre que l’on ne regarde pas une montre traditionnelle.
À l’intérieur, le calibre automatique UR 12.01
Tout ce ballet repose sur le calibre automatique UR 12.01.
Le mouvement fonctionne à 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, comporte 39 rubis et offre une réserve de marche annoncée de 48 heures.
Le système d’affichage repose notamment sur trois satellites en aluminium montés sur un carrousel.
Mais il y a également quelque chose d’intéressant à observer lorsque l’on retourne la montre.
Urwerk utilise un système baptisé Windfänger, littéralement « capteur de vent ».
Cette turbine est associée au remontage automatique et permet de réguler la vitesse de rotation du rotor afin de protéger le mécanisme contre des rotations trop importantes.
C’est un détail assez représentatif de l’approche d’Urwerk : même le système de remontage devient une partie visible et identifiable de la montre.

Elle paraît immense en photo, mais regardons les dimensions
À voir les premières images de l’UR-100, on pourrait facilement imaginer une montre particulièrement imposante.
Ses dimensions officielles sont pourtant de 41 mm de largeur pour 49,7 mm de longueur et 14 mm d’épaisseur.
Cela reste évidemment une montre avec une vraie présence, mais les chiffres sont intéressants à remettre en perspective face à son architecture très inhabituelle.
La version originale associe notamment titane et acier, tandis que la Black reçoit un traitement DLC noir. Le verre est en saphir.
L’étanchéité est annoncée à 3 ATM, soit 30 mètres. Nous sommes ici face à une pièce de haute horlogerie qui n’a évidemment pas vocation à devenir une montre destinée aux activités aquatiques.
Reste surtout une question que les chiffres ne permettent pas vraiment de résoudre : comment cette forme particulière tombe-t-elle au poignet ?
Nous ne l’avons pas encore essayée et nous préférons donc ne pas tirer de conclusion simplement à partir de photos.
Nous essaierons de voir une UR-100 ou l’une de ses descendantes sur un prochain salon horloger si l’occasion se présente. Parce qu’avec ce genre de construction, c’est clairement une montre que l’on aimerait découvrir autrement que derrière un écran.
Urwerk UR-100 SpaceTime : la fiche technique
| Caractéristique | Urwerk UR-100 SpaceTime |
|---|---|
| Mouvement | UR 12.01 |
| Remontage | Automatique |
| Affichage | Heures satellites et minutes |
| Indication terrestre | 555 km parcourus en 20 minutes à l’équateur |
| Indication orbitale | 35 740 km parcourus autour du Soleil en 20 minutes |
| Fréquence | 28 800 alt/h – 4 Hz |
| Réserve de marche | 48 heures |
| Rubis | 39 |
| Boîtier | Titane et acier |
| Dimensions | 41 × 49,7 mm |
| Épaisseur | 14 mm |
| Verre | Saphir |
| Étanchéité | 3 ATM / 30 mètres |
| Versions originales | Iron et Black |
| Production originale | 25 exemplaires par version |
| Prix de lancement | 48 000 CHF HT |
Les deux premières versions de l’UR-100, Iron et Black, ont été produites à seulement 25 exemplaires chacune. Lors de leur lancement, Urwerk annonçait un tarif de 48 000 francs suisses hors taxes.
Comme il s’agit d’un tarif historique de 2019, nous préférons ici conserver le montant communiqué à l’époque plutôt que d’appliquer artificiellement le taux de change de 2026 à un prix qui n’est de toute façon plus celui du marché actuel.
Une pièce de haute horlogerie indépendante produite en très petite quantité
Évidemment, avec un prix de lancement qui représentait déjà plusieurs dizaines de milliers d’euros, l’UR-100 s’adresse à un public très particulier.
Mais réduire son positionnement à sa réserve de marche ou à son niveau d’étanchéité n’aurait pas vraiment de sens.
On est ici dans le domaine de la haute horlogerie indépendante, avec une production extrêmement réduite, un affichage satellite développé par la maison, une architecture spécifique et une approche du design assez éloignée des standards de l’industrie.
La rareté de la première série est d’ailleurs assez impressionnante : seulement 50 montres au total en cumulant les versions Iron et Black.
Cela explique aussi pourquoi trouver aujourd’hui une UR-100 SpaceTime originale n’est pas forcément évident.
Où acheter une Urwerk UR-100 en France ?
Si cette montre vous intéresse réellement, il faut d’abord distinguer l’UR-100 SpaceTime originale de 2019 des nombreuses UR-100V qui ont ensuite prolongé cette famille.
Pour une pièce actuelle, le chemin le plus logique est évidemment de passer par le réseau officiel d’Urwerk.
En France, la marque référence actuellement Chronopassion comme revendeur officiel, au 271 rue Saint-Honoré à Paris.
Il faudra évidemment contacter la boutique pour connaître les modèles réellement disponibles au moment de votre recherche. Être revendeur officiel Urwerk ne signifie pas qu’une UR-100V précise est systématiquement présente en vitrine.
Vous pouvez également consulter directement le réseau de revendeurs officiel Urwerk ou contacter Urwerk pour être orienté vers un point de vente.

Et pour trouver l’UR-100 originale de 2019 ?
C’est beaucoup plus compliqué.
Avec seulement 25 exemplaires de la Black et 25 de l’Iron, il faudra principalement surveiller le marché secondaire et les ventes aux enchères spécialisées.
Des exemplaires ont notamment été proposés chez Phillips. Une UR-100 SpaceTime Black de 2019 a par exemple été adjugée à 50 400 CHF lors d’une vente à Genève.
On trouve également ponctuellement des UR-100 et UR-100V sur Chrono24. Les prix peuvent toutefois varier fortement en fonction de la référence, de l’édition, de l’état et de la présence de la boîte et des papiers.
Pour une pièce de cette valeur et produite en si petite quantité, mieux vaut évidemment prendre le temps de vérifier précisément la référence, la provenance, l’état, le numéro de série et l’historique de la montre avant un achat sur le marché secondaire.
L’UR-100 n’a pas disparu : elle est devenue UR-100V
Si l’UR-100 SpaceTime originale est aujourd’hui particulièrement difficile à trouver, Urwerk n’a pas abandonné le concept.
La famille a évolué avec les UR-100V, déclinées dans différentes matières et couleurs au fil des années.
On trouve notamment dans l’histoire récente de la collection des versions Magic T, Ultraviolet ou encore Lightspeed, avec toujours cette architecture immédiatement reconnaissable.
C’est donc un point auquel il faut faire attention lorsque vous cherchez « Urwerk UR-100 » sur Internet : toutes les montres affichées dans les résultats ne correspondent pas forcément à la SpaceTime Black ou Iron originale de 2019.
Sur une montre de ce niveau, mieux vaut toujours regarder la référence exacte plutôt que simplement le nom de la famille.

Une autre manière de regarder le temps
L’UR-100 fait partie de ces montres que l’on peut passer plusieurs minutes à observer simplement pour comprendre ce qui se déroule sous le verre.
Son affichage satellite suffirait déjà à la rendre inhabituelle. Mais Urwerk est allé plus loin en utilisant le déplacement de ses indicateurs pour matérialiser deux mouvements auxquels nous ne pensons presque jamais : la rotation de la Terre et sa course autour du Soleil.
Est-ce une information dont nous avons besoin au quotidien ? Probablement pas.
Mais c’est justement là que l’horlogerie mécanique peut devenir autre chose qu’un simple instrument permettant de connaître l’heure.
Et c’est peut-être ce qui résume le mieux cette UR-100 : une montre qui utilise la mécanique pour nous faire regarder le temps — et notre place dans l’espace — un peu différemment.
