Breitling ressuscite une marque horlogère vieille de 200 ans avec des montres dès 2 400 €
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Deux cents ans après sa création, Gallet revient officiellement sur le devant de la scène horlogère. Et ce retour n’a rien d’un simple nom historique sorti des archives : les nouvelles montres Gallet sont désormais fabriquées par Breitling. Avec quatre collections et des tarifs débutant à 2 400 €, la marque entend occuper un segment particulièrement stratégique.
Les retours de marques historiques sont devenus suffisamment fréquents dans l’horlogerie pour être accueillis avec une certaine prudence. Celui de Gallet mérite pourtant que l’on s’y attarde.
Fondée en 1826 à La Chaux-de-Fonds, la maison célèbre cette année son bicentenaire en dévoilant une gamme entièrement renouvelée. Surtout, elle bénéficie désormais de la puissance industrielle de Breitling.
Sur les nouvelles Gallet, la mention est d’ailleurs parfaitement assumée : « Manufactured by Breitling ».
Gallet revient, mais pas seule
Pour comprendre ce retour, il faut remonter à 2025. Après avoir déjà repris Universal Genève, Breitling ajoutait Gallet à son portefeuille avec une idée assez claire : construire plusieurs marques capables d’occuper des territoires et des niveaux de prix différents.
Gallet devient ainsi une marque sœur de Breitling, avec sa propre identité.
Mais contrairement à certaines résurrections horlogères qui reposent essentiellement sur l’exploitation d’un ancien nom, Gallet profite ici directement de l’infrastructure de Breitling.
Chaque montre bénéficie de son expertise technique, de son réseau de distribution international et de son service après-vente. Certaines boutiques Breitling vont également accueillir des espaces spécialement consacrés à Gallet.
Une différence qui pourrait peser lourd au moment de convaincre des acheteurs parfois méfiants face au retour d’une marque disparue des radars.

Une histoire qui remonte à 1826
Gallet dispose en effet d’un patrimoine particulièrement riche.
La maison est fondée à La Chaux-de-Fonds en 1826 et s’est notamment spécialisée dans les instruments de chronométrage destinés à l’aviation, au sport automobile, à la navigation et à l’exploration.
Parmi les pièces les plus emblématiques de son histoire figure la Flying Officer, apparue en 1939.
Pensée à l’époque des premiers grands voyages intercontinentaux, elle permettait aux pilotes de connaître l’heure de différentes villes grâce à un anneau placé autour du cadran.
Un concept que Gallet remet aujourd’hui au centre de sa gamme.
Quatre collections pour relancer Gallet
Pour son retour, Gallet ne se contente pas d’une seule montre anniversaire.
La gamme s’articule autour de quatre collections :
Flying Officer, pensée autour du voyage et directement inspirée du modèle historique de 1939.
Multichron Pilot, qui reprend l’héritage des montres-outils et de l’aviation.
Multichron Sport, davantage tournée vers le chronométrage, la vitesse et l’héritage de la marque dans le sport automobile.
Et enfin Gallet Classics, composée de trois chronographes spéciaux célébrant les 200 ans de la maison.
La stratégie est intéressante : reprendre suffisamment de codes historiques pour parler aux amateurs de montres anciennes, sans chercher à reproduire à l’identique le catalogue d’autrefois.

La Flying Officer devient la vitrine de la nouvelle Gallet
La Flying Officer est probablement le modèle qui résume le mieux ce que Gallet cherche à faire.
Elle revient dans un boîtier de 40 mm avec son fameux anneau des villes, désormais adapté à 24 destinations contemporaines.
Deux versions sont proposées.
La Flying Officer Automatic 40 adopte un affichage trois aiguilles et reçoit le calibre Gallet 17, basé sur le Sellita SW200.
La Flying Officer Chronograph 40 utilise de son côté le calibre Gallet 23, basé sur le Sellita SW510, avec environ 65 heures de réserve de marche annoncées.
Les bracelets disposent également d’un système de changement rapide permettant de passer sans outil du cuir au caoutchouc, au tissu ou à l’acier.
Et c’est avec cette famille que Gallet affiche son prix d’appel : à partir de 2 400 € pour la Flying Officer Automatic 40, tandis qu’une configuration sur bracelet acier atteint 2 600 €.
Le chronographe monte quant à lui autour des 4 000 € selon la configuration.
Breitling jusque dans les mouvements
La relation entre les deux marques devient encore plus évidente avec la collection Gallet Classics.
Pour son bicentenaire, Gallet propose trois chronographes de 38 mm, aux proportions volontairement plus traditionnelles.
Mais sous le cadran se trouve une mécanique bien connue : le calibre Breitling B09, mouvement chronographe de manufacture à remontage manuel offrant environ 70 heures de réserve de marche.
C’est probablement l’un des arguments les plus intéressants de cette renaissance.
Gallet peut proposer une identité différente de Breitling tout en allant chercher dans son catalogue de mouvements lorsque cela se justifie.

Une porte d’entrée dans l’univers Breitling ?
C’est finalement le positionnement de Gallet qui rend ce retour particulièrement intéressant.
Breitling est progressivement montée en gamme ces dernières années. Universal Genève doit, de son côté, occuper un territoire encore supérieur.
Gallet permet au groupe de descendre vers un segment plus accessible sans avoir à tirer Breitling vers le bas.
Avec des premières montres autour de 2 400 à 3 000 €, Gallet arrive donc sur un terrain déjà particulièrement disputé, où l’on retrouve notamment Longines, Oris, TAG Heuer ou encore Tudor selon les modèles.
La bataille ne sera pas simple.
Mais la marque dispose de deux arguments que beaucoup de nouveaux acteurs n’ont pas : 200 ans d’histoire et l’appareil industriel d’un grand horloger suisse derrière elle.

Un retour plus crédible que la moyenne
Il faudra évidemment attendre de voir ces nouvelles Gallet au poignet pour juger leur qualité et leur positionnement face à la concurrence.
Mais sur le papier, Breitling évite au moins l’un des principaux écueils des résurrections de marques historiques.
Gallet n’est pas simplement utilisée comme un joli nom à imprimer sur un cadran.
La marque revient avec une gamme complète, une identité propre, un réseau de distribution existant, un véritable service après-vente et des montres dont la fabrication s’appuie directement sur Breitling.
Reste maintenant la question la plus intéressante : à 2 400 ou 3 000 €, choisiriez-vous une Gallet plutôt qu’une Longines, une Oris ou une Tudor ?
