Geneva Watch Days : pourquoi vous devriez y aller du 2 au 6 septembre !
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Pendant cinq jours, Genève va réunir 68 maisons horlogères. Des manufactures que l’on connaît déjà, de jeunes marques que l’on croise surtout en ligne et quelques créations complètement hors normes. Les Geneva Watch Days reviennent du 2 au 6 septembre pour une septième édition qui mérite qu’on s’y attarde, surtout si l’on aime les montres sans forcément se considérer comme un grand connaisseur.
Il y a quelque chose d’un peu frustrant dans notre manière actuelle de découvrir l’horlogerie.
On regarde des montres en photo, on zoome sur un cadran, on compare des diamètres, on lit des avis et on connaît parfois même le prix d’une référence avant de l’avoir vue une seule fois en vrai.
Internet permet d’aller vite. Il enlève aussi une partie du plaisir.
Les Geneva Watch Days offrent justement l’occasion de faire l’inverse.
Du 2 au 6 septembre, 68 maisons horlogères vont se retrouver à Genève pour présenter leurs collections et leurs nouveautés. L’organisation insiste d’ailleurs autant sur la découverte des montres que sur les rencontres avec les personnes qui les imaginent.

C’est sans doute ce qui rend l’événement intéressant.
On ne vient pas seulement pour regarder des vitrines. On peut passer d’une marque connue à une maison dont on n’avait jamais entendu parler, discuter quelques minutes avec une équipe, comprendre une idée de design ou simplement tomber sur une montre qui n’aurait jamais attiré notre attention sur une photo.
Alors plutôt que d’essayer de faire le tour des 68 marques, on a surtout regardé celles que l’on aurait envie d’aller découvrir.
Geneva Watch Days 2026 : 68 marques, mais pas 68 fois la même horlogerie
C’est probablement la première bonne raison de faire le déplacement.
La liste des participants mélange des indépendants, de petits ateliers, des manufactures établies, de grandes maisons et des noms beaucoup plus récents. C’est cette diversité que l’organisation met elle-même en avant pour l’édition 2026.
Et il suffit de parcourir la liste pour s’en rendre compte.
On y retrouve Oris, Breitling, Zenith, Bell & Ross, Frédérique Constant ou Maurice Lacroix.
À côté, on trouve Furlan Marri, Beaubleu, BA111OD, Amida, Dennison, Doxa, Fears, Ming, Unimatic, Reservoir ou Ōtsuka Lōtec.
Puis on change encore complètement de monde avec MB&F, Urwerk, De Bethune, Greubel Forsey, Laurent Ferrier ou Ferdinand Berthoud.
En quelques heures, on peut donc passer d’une montre relativement classique à une création mécanique dont il faut déjà quelques secondes pour comprendre comment elle indique l’heure.
Difficile de trouver meilleur raccourci pour voir à quel point le mot « montre » peut désigner des objets différents.

Les marques que nous avons envie de découvrir cette année
Il serait évidemment possible de dresser une liste interminable.
Ce serait aussi le meilleur moyen de transformer une journée à Genève en course contre la montre.
Nous préférons en retenir quelques-unes.
Furlan Marri, pour comprendre pourquoi son nom revient autant
Furlan Marri fait partie de ces marques encore suffisamment jeunes pour que beaucoup d’amateurs ne les aient jamais croisées autrement qu’en photo.
Et pourtant, son nom revient de plus en plus souvent.
La maison genevoise s’est d’abord fait connaître avec des chronographes méca-quartz à l’esthétique vintage. Elle a depuis élargi son terrain de jeu avec des propositions mécaniques plus ambitieuses.
C’est notamment le cas de la collection Cornes de Vache.
Et c’est justement ce genre de montre que l’on aimerait voir en vrai. Les photos fonctionnent, les proportions semblent séduisantes, le dessin des cornes donne beaucoup de caractère au boîtier.
Mais une fiche technique ne répond jamais complètement à la question la plus simple : est-ce que la montre dégage la même chose une fois au poignet ?
C’est celle que nous irions chercher chez Furlan Marri.

Beaubleu, pour voir enfin ses aiguilles en mouvement
Il existe des montres que l’on reconnaît immédiatement à leur logo.
Chez Beaubleu, ce sont plutôt les aiguilles qui font le travail.
Elles sont circulaires.
Sur une image fixe, le parti pris intrigue déjà. En mouvement, les cercles tournent, se croisent et changent continuellement le dessin du cadran.
C’est devenu la signature de la maison parisienne et c’est typiquement le genre de détail qui mérite d’être observé ailleurs que sur Instagram.
Beaubleu est aussi intéressante pour une autre raison. Dans un secteur où beaucoup de jeunes marques reprennent des codes déjà bien installés, elle a réussi à créer quelque chose d’immédiatement identifiable.
On peut aimer ou non.
Mais on sait rapidement que l’on regarde une Beaubleu.
Et dans l’horlogerie actuelle, c’est déjà beaucoup.

BA111OD, un autre visage de l’horlogerie suisse
Le nom est déjà suffisamment étrange pour donner envie de demander comment il se prononce.
BA111OD fait partie des maisons suisses présentes cette année et son catalogue est assez difficile à enfermer dans une seule catégorie.
On peut y croiser des montres relativement classiques, des pièces squelettées et même des tourbillons.
C’est justement ce qui donne envie de s’y arrêter.
Pas nécessairement pour trouver « la meilleure BA111OD », mais pour voir comment une marque relativement récente essaie de construire son univers dans une industrie où certaines maisons racontent plusieurs siècles d’histoire.
Et accessoirement pour demander, une bonne fois pour toutes, comment se prononce BA111OD.

Doxa, parce qu’une SUB ne se juge pas uniquement en photo
Doxa n’a évidemment pas besoin des Geneva Watch Days pour être connue des amateurs de plongeuses.
La SUB est même devenue une silhouette à part entière.
Son boîtier, sa lunette et ses cadrans souvent très colorés lui donnent une personnalité assez difficile à confondre avec une plongeuse générique.
Mais c’est aussi une montre qui mérite d’être passée au poignet.
Une couleur orange peut sembler presque excessive à l’écran et fonctionner étonnamment bien une fois portée. Un boîtier peut paraître massif en photo et finalement être beaucoup plus équilibré en vrai.
Ou exactement l’inverse.
C’est aussi pour ça que les salons existent.

Amida, pour une montre qui ne donne pas l’heure comme les autres
Elle est nettement plus étrange.
Et c’est une très bonne chose.
Amida figure également parmi les maisons annoncées pour cette édition.
La marque est notamment revenue sur le devant de la scène avec sa Digitrend, réinterprétation d’un concept apparu dans les années 1970.
Le principe attire immédiatement l’œil : plutôt qu’un cadran traditionnel regardé depuis le dessus, l’heure semble apparaître sur la tranche de la montre.
C’est le genre d’objet que l’on a besoin de voir fonctionner pour réellement le comprendre.
Ce n’est peut-être pas la montre que vous voudriez porter tous les jours. Ce n’est peut-être même pas une montre que vous trouverez belle.
Mais vous vous en souviendrez probablement.
Et dans une industrie où une nouveauté peut parfois se résumer à passer un cadran du bleu au vert, ça fait du bien.

Et puis il y a les montres complètement déraisonnables
C’est peut-être notre partie préférée.
Pas pour notre compte bancaire.
Pour nos yeux.
MB&F, Urwerk, De Bethune, Greubel Forsey, Laurent Ferrier, Ferdinand Berthoud… toutes figurent parmi les maisons annoncées pour cette édition.
À ce niveau de prix, demander si une montre présente un bon rapport qualité-prix pour l’amateur moyen devient assez inutile.
Alors autant changer de question.
Jusqu’où peut-on aller lorsqu’on décide qu’une montre n’est plus obligée de ressembler à une montre ?
Chez Urwerk, afficher l’heure devient presque un spectacle mécanique.
Chez MB&F, certaines créations donnent davantage l’impression d’observer une petite machine ou une sculpture qu’une montre traditionnelle.
De Bethune explore encore autre chose, avec des formes, des matériaux et des finitions qui peuvent donner envie de rester quelques minutes devant une pièce sans même regarder l’heure.
Nous n’allons évidemment pas vous expliquer qu’il faut en acheter une.
Mais si l’une d’elles se trouve à quelques mètres de vous, ce serait dommage de ne pas s’arrêter sous prétexte que son prix est complètement hors de portée.
C’est même l’un des plaisirs d’un événement comme celui-ci : pouvoir regarder une montre à plusieurs dizaines de milliers d’euros sans avoir besoin de prétendre qu’on envisage de sortir la carte bancaire.

La meilleure découverte sera peut-être une marque que vous ne connaissez pas
C’est là que la liste des 68 participants devient vraiment amusante.
Akhor, Alto, Beda’a, Behrens, Bimbu, Kerbedanz, Micro Mil Spec, Naoya Hida, Ōtsuka Lōtec, Stollenwurm…
Vous en connaissez peut-être certains.
Probablement pas tous.
Et plutôt que de vous expliquer ici pourquoi chacun mérite exactement dix minutes de votre temps, on aurait presque envie de vous conseiller l’inverse.
Choisissez un nom que vous ne connaissez pas.
Entrez.
Regardez les montres avant de sortir votre téléphone pour chercher leur prix.
Demandez à la personne en face pourquoi sa marque existe.
L’organisation des Geneva Watch Days insiste justement cette année sur cette dimension : découvrir les collections et les nouvelles créations, mais aussi rencontrer les personnes qui se trouvent derrière les marques.
Dans un monde où Spotify choisit notre prochaine musique, Netflix notre prochaine série et les réseaux sociaux les prochaines montres que nous allons voir, découvrir quelque chose presque par hasard devient finalement assez rare.
Profitez-en.
De huit marques en 2020 à 68 aujourd’hui
Les Geneva Watch Days n’ont pourtant pas toujours eu cette ampleur.
L’événement est né en 2020, dans le contexte très particulier de l’annulation des grands salons horlogers traditionnels.
Huit marques sont alors à l’origine de l’initiative : Breitling, Bulgari, De Bethune, Girard-Perregaux, H. Moser & Cie., MB&F, Ulysse Nardin et Urwerk.
Six ans plus tard, 68 maisons sont annoncées.
Le rendez-vous a donc largement changé d’échelle, mais l’organisation revendique toujours plusieurs principes issus de ses débuts : ouverture, innovation, décentralisation et proximité.
Jean-Christophe Babin, président des Geneva Watch Days, résume finalement assez bien l’idée lorsqu’il rappelle que « rien ne remplace les vraies rencontres, les vraies conversations ».
Et c’est peut-être la meilleure raison de faire le déplacement.
Alors, est-ce que ça vaut le déplacement ?
Si les montres vous laissent complètement indifférent, probablement pas.
Mais si vous avez commencé à vous intéresser sérieusement à l’horlogerie, la réponse est différente.
Internet est formidable pour apprendre. En quelques minutes, on peut connaître le diamètre d’une Doxa, le mouvement d’une Furlan Marri ou le prix d’une Beaubleu.
Il est beaucoup moins efficace pour transmettre une proportion, une finition, un reflet de cadran ou simplement ce petit quelque chose qui fait que l’on regarde une montre une deuxième fois.
C’est là que les Geneva Watch Days deviennent intéressants.
Pas parce qu’il faut absolument voir 68 marques.
Au contraire.
Choisissez-en trois que vous voulez absolument découvrir. Essayez une montre que vous connaissiez déjà. Regardez-en une que vous ne pourrez probablement jamais acheter.
Puis gardez du temps pour pousser la porte d’une marque dont vous n’aviez jamais entendu parler.
La meilleure montre de votre journée sera peut-être justement celle que vous ne connaissiez pas le matin.
Et si vous rentrez avec trois nouvelles références dans votre liste d’envies, nous déclinons toute responsabilité.

Informations pratiques
Les Geneva Watch Days 2026 se déroulent du mercredi 2 au dimanche 6 septembre à Genève.
Il s’agit de la septième édition de l’événement et le communiqué officiel du 3 juillet annonce 68 maisons participantes.
Une partie de l’événement est accessible au public, avec des rencontres et différentes animations organisées pendant les cinq jours. Certains rendez-vous et espaces peuvent toutefois être réservés ou nécessiter une inscription. Je conseillerais donc de consulter le programme officiel avant le déplacement.
