Pequignet Attitude Onyx : son cadran noir est taillé dans la pierre
À première vue, le cadran de la nouvelle Pequignet Attitude Onyx pourrait passer pour un simple noir profond. Il n’est pourtant ni peint, ni laqué : il est taillé dans une véritable pierre d’onyx.
La manufacture de Morteau enrichit sa collection Attitude avec une version plus sombre et inhabituelle de sa montre automatique.
Pas de motif spectaculaire ni de couleur particulièrement vive cette fois-ci.
Pequignet joue sur quelque chose de beaucoup plus subtil : la profondeur naturelle de la pierre noire, contrastée par des aiguilles et des index en plaqué or rose.
Et derrière ce cadran se trouve l’autre particularité de cette montre : le Calibre Initial, mouvement automatique développé et assemblé par Pequignet à Morteau.
Son prix : 3 500 €.

Ce cadran noir est un morceau d’onyx
C’est évidemment par lui que l’on commence.
Le cadran de cette nouvelle Attitude est réalisé en onyx, une pierre naturelle appartenant à la famille des calcédoines.
Sa particularité est son noir particulièrement profond et opaque.
Sur une montre, le résultat diffère donc d’un cadran traditionnel auquel on aurait simplement appliqué une peinture noire.
Il faut regarder la pierre de près.
Sa texture, son grain et ses légères particularités viennent de la matière elle-même.
C’est aussi ce qui rend les cadrans en pierre intéressants en horlogerie : la matière devient une partie du dessin de la montre.
Pequignet a choisi de ne pas surcharger l’ensemble.
Sur cette surface noire apparaissent des index appliqués et des aiguilles en plaqué or rose 5N.
Le contraste fonctionne immédiatement : noir presque absolu d’un côté, reflets chauds de l’autre.
Pas besoin d’en ajouter beaucoup plus.

Pourquoi utiliser de la pierre pour fabriquer un cadran ?
Les cadrans en pierre occupent une place particulière en horlogerie.
L’onyx, le lapis-lazuli, la malachite ou encore l’œil-de-tigre permettent d’obtenir des surfaces qu’un cadran peint ne reproduit jamais exactement de la même manière.
Mais travailler avec une matière naturelle impose aussi des contraintes.
Une pierre destinée à devenir un cadran doit être suffisamment fine pour intégrer la montre, tout en conservant une surface régulière et exploitable.
Et contrairement à un motif imprimé industriellement, la matière n’est pas parfaitement uniforme.
C’est justement une partie de son intérêt.
Dans le cas de cette Attitude, Pequignet a fait un choix particulièrement sobre : utiliser l’onyx non pas pour ses veines spectaculaires, mais pour la profondeur de son noir.
La montre n’essaie donc pas d’être extravagante.
Elle joue plutôt avec la lumière.

39 mm et seulement 9,2 mm d’épaisseur
Autour de ce cadran, Pequignet conserve le boîtier caractéristique de l’Attitude.
Il mesure 39 mm de diamètre pour seulement 9,2 mm d’épaisseur, avec une longueur corne à corne de 46,85 mm.
Des dimensions intéressantes pour une montre automatique contemporaine qui souhaite conserver une certaine élégance.
Le boîtier est réalisé en acier inoxydable 316L avec une alternance de surfaces polies et satinées.
À l’avant, Pequignet utilise un verre saphir de type glassbox, traité antireflet.
Le choix du glassbox participe lui aussi au caractère de la montre : sa forme légèrement bombée rappelle l’esthétique des anciens verres en plexiglas tout en bénéficiant ici de la résistance du saphir.
L’étanchéité atteint 5 ATM, soit 50 mètres.
On reste donc dans l’univers d’une montre habillée polyvalente plutôt que dans celui d’une sportive.

Derrière l’onyx se cache un mouvement conçu à Morteau
Retournez maintenant la montre.
C’est probablement là que cette Attitude commence véritablement à se distinguer de nombreuses montres à cadran en pierre.
À l’intérieur se trouve le Calibre Initial, mouvement automatique développé par Pequignet.
La manufacture le présente comme le troisième mouvement conçu en interne dans son histoire.
Il fonctionne à 4 Hz, soit 28 800 alternances par heure, et offre 65 heures de réserve de marche.
Son remontage automatique est bidirectionnel.
Mais son intérêt est surtout géographique.
Le mouvement est conçu, développé et assemblé dans les ateliers Pequignet à Morteau, dans le Doubs.
Selon la manufacture, 72 % des composants du Calibre Initial sont d’origine française.
Pequignet indique par ailleurs sourcer les composants de ses mouvements Manufacture dans un rayon inférieur à 80 kilomètres autour de Morteau.
Dans une industrie où la mention « marque française » peut recouvrir des réalités industrielles extrêmement différentes, la nuance est importante.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Pequignet occupe une place particulière dans notre dossier consacré aux marques de montres françaises à connaître.

Morteau, là où Pequignet fabrique ses mouvements
L’histoire horlogère de Morteau ne commence évidemment pas avec Pequignet.
La ville et plus largement le Haut-Doubs font partie des territoires historiques de l’horlogerie française, à quelques kilomètres seulement de la frontière suisse.
Pequignet y est installé depuis sa création en 1973.
Mais ce qui distingue aujourd’hui la maison est sa volonté de conserver une véritable activité autour du mouvement mécanique.
Le Calibre Initial s’inscrit dans cette stratégie.
La manufacture a développé plusieurs mouvements maison et dispose aujourd’hui d’une offre allant des trois aiguilles aux complications.
Pequignet n’est d’ailleurs pas la seule maison à tenter de redonner davantage de substance industrielle à l’horlogerie française. À Morteau, Yema développe également ses propres calibres, avec une stratégie industrielle différente mais une même volonté de réduire la dépendance aux mouvements standards disponibles sur le marché.
Ce contexte rend l’Attitude Onyx plus intéressante qu’une simple nouveauté esthétique.
Le cadran attire le regard. Le mouvement raconte une autre partie de l’histoire.

Pequignet Attitude Onyx : la fiche technique
Modèle : Pequignet Attitude Onyx
Référence : 9060448
Diamètre : 39 mm
Épaisseur : 9,2 mm
Corne à corne : 46,85 mm
Boîtier : acier inoxydable 316L
Cadran : pierre naturelle d’onyx
Index et aiguilles : plaqué or rose 5N
Verre : saphir glassbox antireflet
Mouvement : Calibre Initial automatique
Fréquence : 28 800 alternances/heure – 4 Hz
Remontage : automatique bidirectionnel
Réserve de marche : 65 heures
Étanchéité : 5 ATM / 50 mètres
Fabrication du mouvement : Morteau, France
Prix : 3 500 €
Les caractéristiques complètes et les visuels sont disponibles sur la fiche officielle de la Pequignet Attitude Onyx.
3 500 € : que propose Pequignet à ce prix ?
C’est évidemment la question importante.
À 3 500 €, on quitte largement le territoire de la petite montre française accessible.
Et surtout, la concurrence devient considérable.
Longines, Tudor, Oris, Nomos ou encore certaines références Grand Seiko évoluent dans des zones tarifaires comparables selon les modèles.
Pequignet dispose néanmoins d’un argument que la seule lecture de son logo ne permet pas nécessairement de mesurer.
Le Calibre Initial n’est pas un mouvement suisse acheté sur catalogue puis emboîté à Morteau.
Une partie importante de la valeur de cette montre réside précisément dans le développement d’un mouvement propre à la manufacture et dans l’écosystème industriel français qui l’entoure.
À cela s’ajoute ici un véritable cadran en pierre.
La question devient donc moins « pourquoi payer 3 500 € pour une Pequignet ? » que « quelle importance accorde-t-on à l’origine du mouvement, à la matière du cadran et à une production plus confidentielle ? ».
La réponse dépendra évidemment de chaque acheteur.
Une montre française peut-elle vraiment être fabriquée en France ?
La question revient régulièrement lorsqu’on parle des marques françaises présentes sur le marché.
Et il faut éviter les raccourcis.
Une montre peut appartenir à une marque française tout en utilisant un mouvement suisse ou japonais et des composants provenant de plusieurs pays.
L’horlogerie fonctionne largement avec des chaînes d’approvisionnement internationales.
Dans le cas de Pequignet, il est donc plus précis de parler de ce que la manufacture réalise effectivement.
Le Calibre Initial est conçu, développé et assemblé à Morteau.
Pequignet annonce également 72 % de composants d’origine française pour ce mouvement.
Cela ne signifie pas que chaque composant de l’Attitude Onyx est fabriqué en France.
Mais cela permet de mesurer beaucoup plus concrètement la dimension française du projet qu’un simple drapeau tricolore placé sur une page produit.
Ce que l’on pense de la Pequignet Attitude Onyx
UDM n’a pas encore eu cette Attitude Onyx au poignet.
Impossible donc de juger sérieusement le rendu du cadran sous différentes lumières, la qualité perçue des finitions ou le confort réel de son boîtier.
Mais sur le papier, la combinaison nous paraît particulièrement cohérente.
D’abord parce que Pequignet n’a pas essayé d’en faire trop.
Un cadran en pierre peut rapidement devenir l’unique argument d’une montre. Ici, l’onyx est presque utilisé à l’inverse : son noir profond simplifie visuellement le cadran.
Les touches d’or rose apportent juste suffisamment de chaleur pour éviter un ensemble entièrement monochrome.
Ensuite, les proportions sont intéressantes.
39 mm, 9,2 mm d’épaisseur et moins de 47 mm de corne à corne permettent d’espérer une présence assez contenue au poignet.
Mais notre principal intérêt reste le Calibre Initial.
Parce qu’une belle pierre peut faire une belle montre.
Une belle pierre associée à un mouvement développé à Morteau raconte déjà une histoire beaucoup plus complète.
L’Attitude Onyx montre un autre visage de l’horlogerie française
Quand on évoque une montre française, l’imaginaire collectif peut encore osciller entre petites micro-marques assemblant des composants internationaux et quelques grands noms historiques.
Pequignet occupe un espace différent.
La manufacture de Morteau ne fabrique évidemment pas chaque vis de ses montres dans son propre bâtiment.
Mais elle continue de développer des mouvements mécaniques et de travailler avec un tissu industriel horloger local.
Cette nouvelle Attitude Onyx ajoute simplement une matière particulièrement photogénique à cette histoire.
Un cadran taillé dans une pierre noire.
Des détails en or rose.
Un boîtier de 39 mm.
Et derrière tout cela, un mouvement automatique né à Morteau.
À première vue, on remarque l’onyx.
Mais ce n’est peut-être finalement pas ce qu’il y a de plus intéressant à l’intérieur de cette Pequignet.

