Seiko s’est demandé si les montres « panda » ressemblaient vraiment à un panda… voici sa réponse
Dans l’horlogerie, un chronographe au cadran clair accompagné de compteurs noirs est généralement surnommé « panda ». Seiko s’est posé une question étonnamment simple : ces montres ressemblent-elles réellement à un panda ?
La réponse de la manufacture japonaise est visiblement non.
Seiko a donc décidé de prendre l’expression au pied de la lettre avec deux nouvelles montres issues de son Power Design Project Collection 2.
La première transforme les fonctions d’un chronographe pour reproduire le visage d’un panda.
La seconde va encore plus loin : elle adopte un cadran rose inspiré de l’apparence d’un panda nouveau-né.
Deux éditions limitées particulièrement inhabituelles qui seront commercialisées à partir du 7 novembre 2026.

Pourquoi appelle-t-on certaines montres des « panda » ?
Pas besoin de trouver un animal sur le cadran pour parler d’une montre panda.
Dans le vocabulaire horloger, le surnom désigne généralement un chronographe présentant un cadran clair contrasté par des compteurs noirs.
La disposition rappelle vaguement les yeux noirs sur le visage blanc d’un panda.
Le terme est devenu tellement courant que certains chronographes panda sont aujourd’hui particulièrement recherchés.
Mais Seiko a décidé de revenir à la question la plus élémentaire.
Est-ce qu’un cadran panda ressemble vraiment à un panda ?
C’est précisément le point de départ du designer Kiyotaka Sakai.
En observant les nombreux chronographes utilisant cette combinaison de couleurs, il s’est demandé si leur ressemblance avec l’animal était finalement aussi évidente que leur surnom le laisse penser.
Plutôt que de simplement créer un énième cadran blanc à compteurs noirs, le designer japonais a étudié les caractéristiques permettant d’identifier immédiatement le visage de l’animal.
Le résultat est beaucoup moins conventionnel.
Cette fois, Seiko a vraiment dessiné un panda avec un chronographe
La Seiko HHK001 utilise directement les fonctions du chronographe pour construire le visage.
Le cadran blanc représente naturellement la fourrure claire de l’animal.
Mais ce sont surtout les éléments noirs qui font fonctionner l’illusion.
Les compteurs et différents éléments du cadran ont été disposés et dessinés de manière à évoquer les yeux, le nez et les oreilles du panda.
Même les poussoirs du chronographe participent visuellement à cette construction.
Le résultat ne ressemble plus simplement à ce que les amateurs de montres appellent traditionnellement un « cadran panda ».
Il ressemble réellement à un panda.
C’est toute l’idée du projet.
Seiko ne cherche pas ici à réinventer techniquement le chronographe, mais à détourner une expression profondément installée dans la culture horlogère.
Pour comprendre ce qui se cache normalement derrière les différents compteurs et poussoirs utilisés ici comme éléments graphiques, notre guide consacré au fonctionnement d’un chronographe permet de distinguer chronographe, chronomètre, compteurs et fonctions de mesure.
Et pourquoi la deuxième Seiko est-elle rose ?
C’est probablement la partie la plus surprenante de cette collection.
À côté de la HHK001 blanche et noire, Seiko présente la HHK002, presque entièrement rose.
Au premier regard, le choix paraît simplement fantaisiste.
Il existe pourtant une explication.
Cette deuxième montre est inspirée d’un panda nouveau-né.
Les bébés pandas ne possèdent pas immédiatement l’apparence noire et blanche que nous associons à l’animal adulte. À la naissance, leur peau est rosée et leur pilosité encore très peu développée.
Seiko a donc transposé cette apparence sur le cadran.
Le concept devient presque absurde lorsqu’on le résume : après avoir créé une montre ressemblant réellement à un panda, Seiko a décidé d’en imaginer une autre ressemblant à un panda qui vient de naître.
Mais c’est précisément ce qui rend le projet intéressant.
À l’origine, cette montre n’était même pas destinée à être commercialisée
L’histoire de ces deux Seiko ne commence pas en 2026.
Le concept provient du Power Design Project, un programme expérimental de Seiko.
Créé en 2001 puis interrompu en 2009, le projet a été relancé en 2022 après treize années d’absence.
Son objectif est assez différent des collections traditionnelles de la marque.
Les designers de Seiko peuvent y explorer de nouvelles idées autour de la montre sans nécessairement partir des contraintes d’une collection existante.
En 2024, le Power Design Project avait notamment travaillé autour du concept de montres conçues pour des usages extrêmement spécifiques.
Parmi les différentes créations figurait justement une montre destinée aux amoureux des pandas.
Elle n’était alors qu’un concept présenté dans le cadre du projet.
Mais selon Seiko, cette création a obtenu le soutien le plus important parmi les modèles exposés.
Deux ans plus tard, la marque a donc décidé de la transformer en véritable montre commercialisée.

Deux éditions limitées, mais pas dans les mêmes quantités
La version panda classique HHK001 sera la plus largement produite.
Seiko annonce une édition limitée à 3 000 exemplaires dans le monde, dont 300 destinés au marché japonais.
La HHK002 rose sera légèrement plus rare.
Seulement 2 000 exemplaires seront produits, dont 200 pour le Japon.
Les deux montres doivent être commercialisées à partir du 7 novembre 2026.
Au Japon, les précommandes doivent débuter dès le 7 octobre dans les boutiques et sur la boutique en ligne de Seiko.
La marque annonce un prix public japonais identique pour les deux versions :
83 600 yens TTC.
À l’heure où nous publions cet article, Seiko France n’affiche pas encore de tarif officiel en euros. Nous préférons donc conserver le prix japonais plutôt que d’effectuer une conversion qui ne correspondrait pas nécessairement au futur tarif européen.
Une montre beaucoup plus imposante qu’un panda classique
Le design amusant pourrait laisser imaginer une petite montre fantaisie.
Ce n’est pas vraiment le cas.
Le boîtier en acier mesure 43 mm de diamètre pour 14,6 mm d’épaisseur.
La distance corne à corne reste en revanche contenue à 44,1 mm.
L’entrecorne mesure 20 mm.
Les deux montres sont équipées d’un bracelet en cuir de vache et d’un verre Hardlex, le verre minéral renforcé régulièrement utilisé par Seiko.
L’étanchéité se limite à une protection correspondant à un usage quotidien et aux éclaboussures.
Ce n’est clairement pas une montre pensée pour être polyvalente ou sportive.
L’intérêt se trouve ailleurs.

Seiko choisit un mouvement quartz 8T61
Pas de calibre mécanique spectaculaire derrière le panda.
Les deux modèles utilisent le calibre quartz Seiko 8T61.
Il offre une précision annoncée de ±15 secondes par mois et une autonomie d’environ trois ans avec une pile.
Le chronographe permet une mesure jusqu’à 60 minutes, par incréments de 1/5 de seconde.
On retrouve également une petite seconde.
Le choix du quartz pourrait décevoir ceux qui espéraient une montre mécanique, mais il reste cohérent avec la philosophie du projet.
L’intérêt de ces HHK001 et HHK002 réside presque entièrement dans leur design.
Ajouter un calibre mécanique plus ambitieux aurait probablement augmenté fortement le tarif sans améliorer ce qui rend réellement ces deux montres particulières.
Si vous hésitez encore entre ces différentes technologies, nous expliquons également les différences entre montre quartz, automatique et mécanique.
Une échelle tachymétrique… cachée dans les poils du panda
C’est probablement l’un des détails les plus amusants de la montre.
Seiko devait intégrer les codes d’un véritable chronographe sans détruire l’illusion du visage.
L’échelle tachymétrique a donc été travaillée de manière beaucoup moins conventionnelle qu’un simple anneau gradué.
Elle participe à la texture et au dessin entourant le cadran.
Autrement dit, certaines caractéristiques habituellement purement fonctionnelles deviennent ici des éléments graphiques servant à construire l’animal.
Un tachymètre permet normalement d’estimer une vitesse moyenne à partir du temps nécessaire pour parcourir une distance connue.
UDM explique plus précisément à quoi sert un tachymètre sur une montre pour ceux qui souhaitent comprendre cette fonction devenue aujourd’hui autant esthétique que pratique sur de nombreux chronographes.

Seiko montre une facette beaucoup moins sérieuse de l’horlogerie japonaise
On associe souvent Seiko à ses plongeuses Prospex, à ses montres accessibles Seiko 5 Sports ou aux cadrans particulièrement travaillés de Presage.
Cette sortie raconte une autre facette du constructeur japonais.
Celle d’une entreprise suffisamment importante pour permettre à ses designers de travailler sur des projets beaucoup moins rationnels.
Le Power Design Project n’a justement pas vocation à remplacer Prospex ou Presage.
Il sert plutôt de laboratoire.
Et cette approche est intéressante pour une marque industrielle de la taille de Seiko.
Elle permet de tester des concepts qui seraient probablement trop étranges pour devenir directement une nouvelle collection permanente.
Pour découvrir les autres grandes maisons japonaises et comprendre la place particulière occupée par Seiko dans cette industrie, notre dossier consacré aux marques de montres japonaises revient notamment sur Seiko, Citizen, Orient et Casio.
Notre avis : enfin une montre panda qui mérite vraiment son surnom
Cette Seiko ne remportera probablement aucun concours de discrétion.
Elle n’a pas non plus vocation à devenir la montre unique d’un collectionneur.
43 mm, 14,6 mm d’épaisseur, un mouvement quartz et un design qui reproduit volontairement le visage d’un panda : nous sommes très loin de la montre classique et intemporelle.
Mais c’est justement ce qui la rend intéressante.
Seiko aurait pu sortir un nouveau chronographe blanc avec trois compteurs noirs et simplement lui donner le surnom de « panda ».
Il en existe déjà énormément.
À la place, un designer s’est posé une question presque enfantine :
pourquoi appelons-nous ces montres des pandas alors qu’elles ne ressemblent finalement pas vraiment à des pandas ?
Il aura fallu pousser cette réflexion jusqu’au bout pour obtenir la réponse.
Et probablement créer, au passage, l’une des rares montres panda qui mérite réellement son nom.

